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Samedi 28 juin 2008

La revue venus d'ailleurs a sorti au mois de mai une série limitée de "carnets d'artistes",un carnet d'Yves Reinier un de Yoan Gill et de votre humble serviteur.







Pour satisfaire votre curiositallez voir le site de Venus d'ailleurs
par Jerome Bauduin /DUB
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Mardi 8 avril 2008
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JEROME BAUDUIN
ENTRE REALITE VIRTUELLE ET FICTION-REALITE

Rendre compte de la complexité du réel à travers l’espace fictionnel du tableau, telle pourrait être synthétisée la problématique à l’œuvre dans les dernières toiles de Jérôme Bauduin.
Procédant du collage, de l’assemblage, confrontant une multitude de références culturelles, mixant les styles, la peinture de Jérôme Banduin ressemble au mix d’un DJ.
Elle est un espace de décomposition et de recomposition permanente, un lieu de télescopage du réel et de la fiction.
L’artiste habite le monde dans toutes ses dimensions y compris le virtuel. Toute image devient le matériau de son travail, des héros de la contre-culture, aux œuvres des maîtres anciens, en passant par l’image extraite d’un journal télévisé ou d’un magazine de mode.
Pour parler de l’époque, le peintre doit être de plain-pied dans la réalité, c’est-à-dire devant son écran d’ordinateur, dans les réseaux, comme dans l’atelier ou les couloirs du métro.
Jérôme Bauduin rend compte dans sa peinture du processus de déréalisation qui atteint une société où le filtre de l’écran s’interpose constamment entre l’homme et le monde sensible.
Loin de jouer dans ses œuvres de l’opposition de deux univers ; l’un qui serait de l’ordre de l’imaginaire, des références personnelles et des codes culturels et l’autre que constituerait le quotidien dans sa brûlante actualité, l’artiste appose les éléments les plus disparates dans un même espace pour mieux signifier la perméabilité de la frontière entre le réel et les productions de l’imaginaire.(...)
Dans ses dernières toiles, Jérôme Bauduin joue plus que jamais du décalage entre le support et le sujet de l’œuvre. Il utilise des tissus d’ameublement petit-bourgeois, tapisserie à grosses fleurs, imprimés « jungle » ou « sport d’hiver ». Ces supports ont un impact direct sur le processus créatif. Ces images d’Epinal guident parfois le thème d’une toile ; elles jouent souvent des contrastes et des accords dissonants avec le sujet . Le rappeur KRS-ONE, symbole de la contestation prend corps sur fond de paysage enneigé avec sapin et petit chalet. ...
Le jeu sur l’espace-temps et les échelles est également une constante du travail. La figure de Mandraque en chapeau-claque et smoking voisine avec les personnages de mangas. Le monumental et le détail se côtoient pour perturber totalement la notion d’espace et troubler la vision du spectateur.
En subvertissant les conventions narratives, en éclatant l’espace du tableau et en remettant en cause poncifs et idées reçues, l’artiste fait preuve d’une lucidité extrême, d’un engagement et d’une position critique bien nécessaires en ces temps d’uniformisation des comportements et de standardisation de la pensée.

Martine GUILLERM
par Jerome Bauduin /DUB
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Lundi 7 avril 2008
Jérôme Bauduin : l’explosivité plastique



    Il est des vertus plastiques qu’on ne soupçonne pas. L’explosivité par exemple… On parle de ce don au sujet des sportifs de haut niveau, pour qualifier la mise en action optimale de tout leur corps dans le plus bref instant. Départ d’un sprinter, coup droit d’un tennisman, crochet d’un boxeur etc. Au contact de l’univers de Jérôme Bauduin, il y a cette impression similaire : trouées, taches, déchirures, fulgurance des couleurs, des regards, des lumières condensent sur quelques centimètres carrés de canevas une sorte de pulsion fantasmagorique d’une extraordinaire intensité. Cette soudaineté, ce surgissement, comme chez l’athlète, est hautement jubilatoire. (…)

    Explosivité plastique, donc. Formulé ainsi, cela donne à songer à Jackson Pollock, à George Mathieu. Non pas. L’explosivité plastique de Jérôme ne fait guère la part au hasard, ni même à l’instinct. De la composition à la précision figurative, les qualités de son œuvre résident avant tout dans la rigueur de la représentation. Gageure majeure : il nous fait exploser au visage un monde intérieur complexe, ambigu et référentiel. La dimension toute médiate de la peinture figurative s’impose avec la violence d’un flash. D’aucuns appelleront cela fantasme. Ils n’auront sans doute pas tort.

    Saturé de clins d’œil au Pompier, au Surréalisme, au kitch, au Pop-art, aux cartoons, aux nipponeries fashion – mouvances elles-mêmes nourries à des mamelles bien éclectiques –, le travail de Jérôme Bauduin inspire une euphorie salutaire. ( …)

Ces œuvres sont simplement peut-être des explosions de joie…

Thomas Schlesser

(journaliste et critique à la revue l ‘Œil )



par Jerome Bauduin /DUB
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